Vous avez choisi ce tableau parce qu’il vous plaisait, ou parce qu’il allait bien avec le canapé. Ou encore parce qu’il appartenait à votre famille. Mais saviez-vous que chaque matin, en passant devant lui, votre cerveau reçoit un signal ? Et ce que ce signal influence votre humeur, votre énergie, et même votre façon d’habiter votre vie ? La neuro-architecture et la psychologie de l’habitat ont des choses très précises à dire sur l’impact de l’art dans nos intérieurs.
Vous rentrez chez vous, et vous ne décompressez pas vraiment.
Pourtant, vous aimez votre intérieur. Vous avez cherché, comparé, hésité, fait des choix décoratifs.
Mais il y a ce tableau acheté parce qu’il allait bien avec le canapé. Ces murs vides que vous n’avez jamais su comment remplir. Cette photo d’un temps passé que vous n’osez pas enlever.
Et quelque chose, imperceptiblement, résiste.
Ce n’est pas dans votre tête. Ce n’est pas une question de style ou de goût. C’est neurologique.
L’art dans nos intérieurs : ce que la science dit vraiment
Semir Zeki, neurobiologiste à l’University College de Londres, a passé des années à répondre à une question que personne n’avait posée de cette façon : que se passe-t-il exactement dans notre cerveau quand on voit quelque chose de beau ?
Il a placé des personnes dans un scanner cérébral, et leur a montré tout type d’oeuvres : peinture, photo, musique. Ce qu’il a découvert est incroyable.
Il existe dans notre cerveau une zone précise (le cortex orbito-frontal), qui s’active chaque fois qu’on perçoit quelque chose de beau. Peu importe la culture, l’origine, l’âge, ou le type d’art. Plus l’expérience est intense, plus cette zone s’active : la beauté est donc mesurable. Votre cerveau sait exactement à quel point quelque chose vous touche.
Cela déclenche de la dopamine, l’hormone du plaisir. Le même système de récompense que lorsque vous écoutez une musique que vous aimez, ou que vous tombez amoureux.
Il y a un autre état que les neurosciences ont identifié : le flow. Cet état de concentration totale, de plaisir intense, ou l’on perd la notion du temps. Où le flux de pensées anxieuses se coupe. On revient là, dans le moment présent. Une oeuvre qui nous touche dans un musée peut nous y conduire.

Alors imaginez ce qui se passe quand cette oeuvre est dans votre salon. Que vous la voyez chaque matin, chaque soir, pendant des années.
C’est pour ça qu’au Québec, le Musée des Beaux-Arts de Montréal a conclu un partenariat avec le système hospitalier : les médecins peuvent prescrire des visites de musées à leurs patients. Et qu’aux Hospices Civils de Lyon, une psychologue clinicienne intègre la contemplation d’art directement dans les salles de soins.
On appelle ça « l’art sur ordonnance ».
L’art n’est pas « qu »une » décoration. C’est un soin.
Psychologie de l’habitat : votre intérieur vous parle, mais que dit-il de vous ?
Ce que j’observe tous les jours dans mon métier de décoratrice d’intérieur holistique : ce que vous accrochez chez vous n’est jamais un hasard. Pas parce que vous l’avez choisi rationnellement : justement parce que vous ne l’avez pas toujours fait consciemment.
La psychologie de l’habitat repose sur 2 mouvements :
- la projection : tout ce que vous mettez chez vous est une extension de qui vous êtes, de ce en quoi vous croyez, de ce que vous voulez montrer au monde. Votre intérieur parle pour vous. Même quand vous pensez qu’il est neutre, qu’il ne dit rien.
- L’introjection : c’est le mouvement inverse. Votre espace agit sur vous : les formes, les matières, les couleurs, les symboles, les oeuvres que vous avez choisies ne sont pas passives. Elles amplifient certaines émotions, renforcent certaines croyances ou cristallisent certains blocages.
Un espace sombre, chargé, figé dans le passé ne produit pas les mêmes états intérieurs qu’un espace ouvert, vivant, habité avec intention.
3 exemples concrets de ce que vos murs révèlent
La chaise vide

Une de mes clientes se sentait profondément seule. Sur le mur de son salon, cette photo en noir en blanc, représentant une chaise dans un jardin à l’abandon. Elle l’avait choisie parce qu’elle la trouvait « poétique ». Ce qu’elle ne voyait pas : chaque jour, ses yeux tombaient sur une image représentation l’absence, le vide, l’abandon. Elle entretenait, sans le savoir, exactement ce qu’elle voulait fuir.
L’affiche féministe

Chez un couple de 30naires, une représentation de femme seule, positionnée haut sur le mur du salon (correspondant à une place importante). Cette affiche exprimait un féminisme militant, mais aussi beaucoup de colère. La retirer a permis à la femme de retrouver de l’apaisement. La même image, chez quelqu’un d’autre, aurait pu signifier tout autre chose, c’est pourquoi je pose toujours beaucoup de questions avant d’interpréter quoi que ce soit.
Le corps incomplet

Des reproductions de corps féminins, sans tête, sans bras : voilà un idéal de beauté abîmé. Cette bougie représentant un corps qu’on ne voit pas dans son entièreté peut refléter exactement ce que ressens quelqu’un qui manque de confiance en soi : on ne sait pas vraiment à quoi on ressemble, on ne sait pas vraiment qui on est.
Ces exemples ne sont jamais des vérités universelles. 2 personnes peuvent avoir la même image pour des raisons radicalement différentes. Ce qui compte, c’est l’histoire et l’état émotionnel dans lequel vous l’avez choisie.
Certains éléments chez vous parlent de qui vous étiez, pas de qui vous êtes aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle changer sa décoration est important : on actualise qui on est, au plus profond de nous.
Le mécanisme neurologique que personne ne vous explique : le SAR
Il y a un phénomène qui explique précisément pourquoi tout cela fonctionne : c’est le Système d’Activation Réticulaire, le SAR.
Votre cerveau reçoit chaque seconde des millions d’informations, il ne peut pas toutes les traiter. Alors il filtre, en fonction de ce sur quoi vous êtes focalisé.e, de vos croyances, de vos intentions.
Si vous souhaitez acheter un modèle précis de voiture, vous aller en voir partout. Elles étaient là avant, mais votre cerveau les ignorait simplement. Vous avez envie d’un enfant ? Même principe, vous allez voir plus de femmes enceintes et de bébés qu’avant. Parce que votre cerveau a décidé de mettre son attention sur ce sujet-là.
C’est exactement ce qui se passe avec une oeuvre accrochée chez vous.

En la choisissant consciemment, pour ce qu’elle représente et ce qu’elle vous fait ressentir, vous envoyez un signal à votre SAR. Cette valeur, cette émotion, cette aspiration, c’est important pour moi. Et chaque matin, quand votre regard tombe dessus, votre cerveau renforce les connexions neuronales associées.
Ce n’est plus de la décoration. C’est un mode de programmation conscient.
Votre intérieur est soit une ressource, soit un frein. Il n’est jamais neutre.
3 questions pour regarder vos murs différemments
Quand vous rentrez chez vous le soir, quel est le 1er sentiment qui vous traverse ? Est ce que vous vous sentez accueilli.e ? Est ce que vous vous sentez vous-même ?
Si quelqu’un que vous ne connaissez pas entrait chez vous, qu’est ce qu’il comprendrait de vous ? Est ce que ce qu’il s verrait vous ressemble vraiment, ou est ce vous d’il y a 10 ans ?
Et, si vous avez des enfants : dans quel espace grandissent-ils ? Qu’est ce que vos murs leur transmettent, chaque jour, sur ce qui compte pour vous ?
Choisir une oeuvre, c’est choisir ce que vous voulez nourrir en vous
L’art précède tout. C’est arrivé bien avant les l’écriture, bien avant les lois, bien avant les villes. Il y a 67 000 ans, des hommes et des femmes, qui luttaient pour survivre, prenaient le temps de peindre sur les parois de leurs grottes. Pourtant, ce n’était pas nécessaire à leur survie. Mais ils l’ont fait, pour marquer leur passage, marquer leur territoire.
Ce besoin de territoire est toujours en vous.
Et ce besoin est nourri grâce notamment à notre décoration, et donc à ce qu’on accroche sur nos murs, y compris les représentations d’art.
Alors la vraie question n’est pas « est-ce que ça va avec mon canapé ? » C’est : qu’est-ce que je veux nourrir, en moi, chez moi ?
Vous voulez comprendre ce que votre intérieur dit de vous, et ce qu’il pourrait faire pour vous ? Je propose un appel découverte offert.
